Quel régime choisir ?

Non aux régimes amaigrissants classiques qui finissent par être dangereux pour la santé et font vite reprendre du poids ! Pour maigrir durablement, il faut manger équilibré, sain et naturel.

Les Français sont de plus en plus grands, mais aussi, proportionnellement, de plus en plus enveloppés. Les campagnes d’information et de prévention du ministère de la Santé, notamment en direction des jeunes, n’ont pas, pour l’instant, réussi à endiguer l’augmentation régulière de l’obésité dans l’Hexagone… Comme maintenant un peu partout dans le monde, la grande responsable est l’alimentation, trop riche, trop grasse, trop salée, trop sucrée et déstructurée : fast-food, viennoiseries et friandises à toute heure, plats préparés hyper caloriques…

Surpoids et santé

La France n’a pas encore rejoint les États-Unis mais, selon la cinquième édition de l’enquête Obépi, réalisée tous les trois ans auprès de 25 000 personnes de plus de 18 ans, 32 % des adultes sont aujourd’hui en surpoids, 14,5 % sont même obèses, soit 6 % de plus par rapport à l’année précédente. La proportion d’obésités graves atteint même 3,9 % contre seulement 1,5 % il y a 13 ou 14 ans. Or, plus on a de kilos en trop, plus on a de problèmes de santé, diabète et maladies cardiovasculaires surtout… La perte de quelques kilos permet souvent de diminuer son taux de « mauvais » cholestérol, sa glycémie (taux de sucre dans le sang) et, quand on souffre d’arthrose, d’avoir moins mal aux genoux. Mais il est plus facile de prendre des kilos que de les perdre. Pour attirer lecteurs et acheteurs potentiels, magazines et sites Internet vantent toute l’année, et plus seulement à l’approche des beaux jours, des régimes amaigrissants tous plus séduisants les uns que les autresEt ça marche… pour ceux qui les proposent ou vendent des produits minceur miracles. Beaucoup moins pour celles et ceux qui les suivent.

Dangereux et inefficaces

En fait, les régimes font maigrir, et même souvent vite et beaucoup, mais leur efficacité ne dure pas sur le moyen et le long terme, et ils peuvent être dangereux, insiste l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans un récent rapport (voir Bien-Être & Santé de mars). Les experts ne nient pas qu’il faut s’occuper de son alimentation et surveiller son poids, mais constatent que les régimes amaigrissants peuvent entraîner un déséquilibre nutritionnel, déficit en fibres, carences en vitamines et minéraux, excès de sel ou de protéines, et avoir un effet négatif sur l’organisme (muscles, artères, foie, reins, os) et… le moral. Ils montrent aussi comment ces régimes font reprendre du poids à l’arrêt et même prendre des kilos en plus. On recommence alors un nouveau régime qui se termine de la même façon, et ainsi de suite. C’est l’effet Yo-yo. Restrictions et déséquilibres engendrent non seulement des troubles du comportement (frustration, dépression, mésestime de soi) qui poussent à reprendre ses mauvaises habitudes, mais réduisent aussi la masse maigre (les muscles) et le métabolisme de base : l’organisme brûle moins de calories et… on prend du poids et de la graisse. Suivre un régime amaigrissant n’est donc pas anodin.

Rompre le cercle vicieux

Les candidats à la minceur, candidates pour la plupart, qui essaient tous les régimes, finissent par se rendre compte, mais à quel prix, que les privations ne sont pas tenables et ne sont pas une solution durable. Dans un sondage réalisé en septembre 2009 par BVA pour Weight Watchers, les femmes interrogées souhaitant perdre du poids le disent : 67 % redoutent, par expérience, d’avoir faim, 71 % de se priver de certains aliments, 33 % de se couper de leur vie familiale et sociale et au final de craquer une fois de plus…

Le bon équilibre

Des associations alimentaires saines et naturelles, privilégiant le végétal

Les protéines sont indispensables, mais nous mangeons trop de protéines carnées, trop riches en graisses saturées qui favorisent surcharges, maladies cardiovasculaires, certains cancers, n’apportent aucune fibre et ne rassasient pas. En 50 ans, notre consommation de viande a plus que doublé en France et dans le même temps, celle des céréales et des légumes a baissé de 50 et 75 %. Or, céréales complètes et légumineuses, moins caloriques aussi, apportent, en se complétant, des protéines équivalentes, avec bien plus de nutriments : fibres, amidon, vitamines et oligoéléments. « Il ne s’agit pas de devenir végétarien ni de manger triste, mais de varier davantage son alimentation sur la semaine ».  L’équilibre parfait, selon lui, s’opère en fonction de trois pôles complémentaires, ce qu’il appelle « la triade alimentaire ».

– Le pôle protéique (acides aminés essentiels et protéines) : viandes, poissons, œufs, laitages, légumineuses, céréales complètes. Encore une fois, en privilégiant le plus possible les protéines d’origine végétale.
– Le pôle calorique (glucides et graisses) : céréales, tubercules, sucres, graisses. Utilisez les bonnes graisses (huile d’olive, colza, tournesol, noix), adaptées à la cuisson ou à l’assaisonnement, de préférence vierges, biologiques, de première pression à froid et non raffinées.
– Le pôle réactionnel régulateur des fonctions métaboliques et immunitaires (vitamines et oligoéléments, fibres) : légumes, fruits, graines germées, produits lactofermentés.

Les aliments sont en fait composites : les fruits et légumes par exemple, riches en vitamines et oligoéléments catalyseurs et en éléments protecteurs, contiennent aussi des sucres simples du pôle calorique.
Bien entendu, ce sont des dominantes qui aident à se repérer et facilitent les choix au moment de faire des courses.

Des aliments non dénaturés, rassasiants et vitalisants

Ce n’est pas une question de mode ni une préoccupation seulement écologique. Les produits issus de l’agriculture biologique sont plus riches en nutriments que les produits courants, en particulier en acides aminés et acides gras essentiels, vitamines et oligoéléments antioxydants (prévention du vieillissement et du cancer) et plus encore en fibres. Or, plus un aliment est riche en nutriments, plus il est savoureux et rassasiant.
« En fin de compte, manger des aliments bio, des produits non raffinés, sucre de canne complet, sel gris, pain complet… et du poisson au moins deux fois par semaine n’est pas plus coûteux puisqu’on diminue fortement les viandes et les plats préparés industriels. »

Un (petit) savoir-faire en cuisine et de bonnes habitudes à table

« Ce serait dommage de faire un effort sur la qualité des aliments pour ensuite la compromettre en cuisinant. »

Mangez plus de cru, fruits, crudités, graines germées, poisson, et optez pour des cuissons douces. Ne sautez pas de repas, le petit-déjeuner est indispensable. Évitez de préparer plus que ce dont vous avez besoin : plus il y en a, plus on mange…

Utilisez de petites assiettes, bien remplies, c’est moins frustrant que de grandes assiettes à moitié vides. Et prenez le temps de bien mastiquer.

Les recommandations n’ont donc rien à voir avec un régime proprement dit. Il s’agit de revoir son comportement et ses habitudes peu à peu pour ne pas maltraiter son corps, en adoptant une alimentation saine et harmonieuse. Ça ne suffit pas toujours et l’aide d’un professionnel est parfois utile, selon les cas acupuncteur, homéopathe, sophrologue, psychologue, mais c’est la condition sine qua non pour mincir durablement, sans mettre sa santé en péril…

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