Pourquoi je n’arrive pas à être enceinte ?

Concevoir un enfant, devenir parents… c’est souvent l’aboutissement pour un couple. Mais parfois, vouloir ne suffit pas, et l’heureux événement se fait désirer. S’agit-il pour autant de stérilité ? Bien souvent, il n’en est rien : le stress, ou tout simplement l’empressement, peuvent être la raison de ce retard… et tout s’arrange avec le temps. Mais pour les couples qui souffrent vraiment d’infertilité, affronter
le problème n’est pas toujours évident.

Quand parle-t-on de stérilité ? Les bons jours pour tomber enceinte

La stérilité, c’est avant tout une affaire de couple. A tous les points de vue. On estime à 60 000 le nombre de couples qui viennent consulter, chaque année, pour des problèmes de stérilité.

Cette infertilité peut avoir des origines différentes :
> Elle vient pour 30 % de la femme,
> pour 30 % de l’homme,
> pour 30 % d’une incompatibilité entre les deux partenaires,
> les 10 % restants étant attribués à des causes inconnues, souvent d’ordre psychique.

Du point de vue psychologique, l’impossibilité de mettre un enfant au monde peut avoir des répercussions très importantes au sein du couple, aussi bien pour l’homme que pour la femme : le couple se sent hors-normes, avec un vif sentiment de culpabilité qui conduit  (trop) souvent à une séparation.

On se souvient de Napoléon qui avait répudié son grand amour, Joséphine, pour stérilité, et qui lui avait préféré Marie-Louise d’Autriche qu’il avait surnommée « le ventre ». Heureusement, les progrès de la médecine sont passés par là et des solutions existent aujourd’hui.

Pourquoi je n’arrive pas à être enceinte ? Quand parle-t-on de stérilité ?

Pourquoi je n'arrive pas à être enceinte ?

La stérilité ou infertilité, c’est l’incapacité à concevoir naturellement, porter ou accoucher d’un enfant
sain. Mais la stérilité se définit surtout dans le temps. En effet, nombreux sont les jeunes couples qui arrivent angoissés chez leur médecin parce qu’ils n’arrivent pas à avoir leur premier bébé.

La première question du praticien sera toujours de leur demander depuis combien de temps ils essaient d’avoir un enfant. Si cela ne fait que six mois, le médecin leur conseillera d’attendre encore, de vérifier les périodes d’ovulation et de se faire beaucoup de câlins. On ne parle de stérilité qu’au bout de 18 mois de tentatives vaines et cela ne concerne que 10 % des couples.

Mais la réaction du médecin sera bien évidemment différente en fonction de l’âge du couple.
Chez une jeune femme d’une vingtaine d’années, on conseillera d’attendre avant d’envisager des examens.

Chez une femme de 30 ans et plus, en revanche, les examens seront envisagés le plus rapidement possible, car à l’approche de la quarantaine, on le sait, la fertilité diminue chez la femme.

Les bons jours pour tomber enceinte

Peut-être n’est-il pas complètement inutile de rappeler les fondamentaux : pour avoir un enfant, il faut d’abord un rapport sexuel en période d’ovulation.
En effet, cette fenêtre de fécondité est relativement courte : quelques jours seulement dans le cycle menstruel. Côté masculin, il faut également prendre en compte la durée de vie des spermatozoïdes.

Le moment le plus propice pour tomber enceinte est donc d’avoir des rapports sexuels les trois jours qui précèdent l’ovulation et le jour qui suit (soit généralement entre le 11ème et le 15ème jour du cycle si celui-ci dure 28 jours). Pour plus de détails, veuillez consulter notre article Comment être enceinte ?

Mais, on le sait, l’emploi du temps de chacun et le rythme de vie des jeunes couples ne permettent pas toujours d’avoir des rapports sexuels au bon moment. Imaginons un marin, marié à une hôtesse de l’air, c’est l’histoire du petit poisson et du petit oiseau : la rencontre sera difficile. Il faut donc parfois faire preuve d’organisation et savoir se ménager du temps ensemble…

La stérilité est une affaire de couple : sur dix couples stériles, trois le seront pour incompatibilité entre les deux partenaires.

comment être enceinte

Dans la plupart des cas, l’incompatibilité entre les deux partenaires se situe au niveau de la glaire cervicale, une sécrétion des glandes du col de l’utérus produite avant l’ovulation. Cette glaire a pour fonction de protéger l’utérus de l’intrusion de germes pathogènes, de protéger les spermatozoïdes dans le vagin, et de leur fournir de l’énergie.

Mais parfois, la glaire cervicale est trop acide (un pH alcalin est en effet nécessaire à la survie des spermatozoïdes). Cette particularité a pour conséquence d’immobiliser les spermatozoïdes, qui ne pourront plus effectuer leur long voyage vers la vie.
Un test simple permet de vérifier le taux d’acidité de la glaire cervicale. Le test de Hühner s’effectue chez le gynécologue : il consiste à prélever un peu de glaire quelques heures après le rapport sexuel et de vérifier la vitalité des spermatozoïdes.

N’oublions pas non plus les facteurs psychologiques. Dans les causes mixtes de stérilité, des facteurs psys peuvent être à l’origine de « dysfonctionnements sexuels ». Dans 10 % des cas, les causes de la stérilité sont en effet inexpliquées.

Pourquoi je n’arrive pas à être enceinte ? Les causes de stérilité féminine sont multiples.

Elles peuvent se situer au niveau de l’utérus, au niveau des trompes ou encore des ovaires.

Il peut également s’agir d’un problème de malformation congénitale ou non, d’un problème de fonctionnement de l’ovaire… ou encore de raisons psychologiques.

Stérilité et malformations de l’utérus

Certaines femmes peuvent avoir des malformations de l’utérus : un utérus trop petit, cloisonné ou parfois double. Ces malformations peuvent être congénitales ou liées à la prise de certains médicaments. C’est le cas notamment du distilbène : ce médicament prescrit dans les années 70 pour éviter les fausses-couches, a entrainé des malformations gynécologiques chez certains enfants.

Parmi les malformations acquises, on rencontre les problèmes liés à des fibromes ou à des polypes. Ces excroissances agissent comme un corps étranger et peuvent gêner la nidation de l’oeuf dans l’utérus.

Autre malformation : la synéchie utérine. Il s’agit là de cicatrices au niveau de l’utérus qui vont, elles aussi empêcher l’implantation de l’oeuf fécondé. Ces cicatrices sont souvent dues à des curetages à répétition, lors d’IVG trop fréquentes par exemple.

Stérilité et dysfonctionnement des trompes

Il peut s’agir de trompes obstruées de manière congénitale, mais dans la plupart des cas, il s’agit des suites d’une infection.

Lorsque la femme a souffert de problèmes infectieux, il peut se créer des adhérences, comme de petites toiles d’araignées autour des zones cicatricielles. Elles vont alors recouvrir les trompes et les boucher « de l’extérieur ».

Parmi les causes les plus fréquentes d’infection, il existe les infections à chlamydiae : c’est le germe, très contagieux, responsable de la majorité des maladies sexuellement transmissibles et responsable, du même coup, d’un grand nombre de cas de stérilité.
Certaines infections surviennent également après des curetages (lors d’IVG) ou après un accouchement. Elles peuvent aussi survenir après une appendicite, ou une péritonite discrète, notamment chez l’enfant.

Lorsque les trompes sont bouchées, elles peuvent l’être près de l’ovaire. Dans ce cas, l’intervention chirurgicale est assez simple. En revanche, une obstruction près de l’utérus rend la situation plus délicate  : les réimplantations tubaires peuvent en effet fragiliser l’utérus. Dans ce cas, on aura plutôt recours à une fécondation in vitro.

Mais l’une des grandes causes de stérilité est l’endométriose. Elle concerne une femme sur dix. Le tissu qui recouvre la cavité utérine (l’endomètre) se développe dans d’autres parties de la cavité abdominale, comme les trompes. Ces petits morceaux de muqueuse suivent également le rythme hormonal, provoquant alors congestions et saignements. Cette maladie se manifeste généralement par des douleurs pelviennes, des règles abondantes et douloureuses.

Stérilité et dysfonctionnement des ovaires

Au niveau des ovaires, il existe deux grands types d’anomalies :

Les anomalies organiques. Dans la plupart des cas, il s’agit de kystes au niveau des ovaires. Les plus fréquents sont les kystes « dermoïdes » : certaines cellules de l’ovaire vont se diviser et se mettre à fabriquer tous les tissus de l’organisme (on pourra ainsi y trouver toutes sortes de tissus, comme des cheveux par exemple ! ).
Fréquents, ces kystes, qui sont souvent gros, peuvent provoquer une inflammation de tout le petit bassin. C’est pourquoi on les retire chirurgicalement.

Parmi les anomalies organiques, il peut exister une endométriose de l’ovaire. Des amas de cellules d’origine utérine, se développent anormalement au niveau de l’ovaire et provoquent des inflammations, des saignements, etc. Dans certains cas enfin, on trouve des malformations des ovaires eux-mêmes : il peut manquer un ovaire, ou encore une trompe, voire les deux.

Les anomalies fonctionnelles. Il peut s’agir d’anomalies de l’ovulation liées, par exemple, au syndrôme des ovaires polykystiques. Sous l’effet d’un dérèglement hormonal, les ovaires grossissent, ils fabriquent des kystes et la paroi ovarienne s’épaissit. Les femmes atteintes de cette affection sont généralement un peu rondes, avec un excès de pilosité et des troubles du cycle.
D’une manière générale, les troubles hormonaux constituent une cause de dysfonctionnement ovarien. Il peut s’agir de troubles de la thyroïde, des glandes surrénales, et de tous les dysfonctionnements de l’hypothalamus (partie profonde du cerveau).

Enfin, l’origine du problème peut être d’ordre psychologique. Après une émotion violente, un deuil par exemple, certaines femmes peuvent se retrouver infertiles. Mais les cas les plus fréquents d’aménorrhée sont dus à une anorexie. Une femme trop maigre n’a plus un cycle menstruel normal.

Pourquoi je n’arrive pas à être enceinte ? Examens complémentaires

En cas de difficultés à concevoir un enfant, des examens peuvent être prescrits avant d’envisager un traitement. Les premiers tests à effectuer sont :

Une courbe de température. C’est généralement le premier examen que vous demandera votre gynécologue. Elle permet de repérer la période d’ovulation au cours du cycle (la température du corps augmentant alors légèrement à ce moment-là), et doit s’effectuer sur trois mois au moins.

Un spermogramme pour votre conjoint, et un bilan hormonal de votre côté.

Une échographie pelvienne, une hystérosalpingographie, un test de Hühner ainsi que la recherche d’une infection latente (chlamydiae, mycoplasme, etc.) peuvent également être recommandés. Selon les résultats de ces examens, une hystéroscopie ou une coelioscopie pourront vous être conseillées.

Les causes masculines

Dans un tiers des cas environ, la stérilité est d’origine masculine. Elle peut être provoquée par des problèmes de testicules ou d’obstruction des voies génitales souvent liés à une séquelle d’infection génitale. Une autre origine peut être une altération vasculaire, ou encore un dysfonctionnement hormonal.
Il arrive que le problème soit d’origine génétique (chez des personnes souffrant de mucoviscidose, ou d’un syndrome de Klinefelter, par exemple).

Des examens sont demandés pour diagnostiquer précisément le problème : une analyse du sperme (spermogramme), une prise de sang pour doser les hormones, et parfois une échographie de la région génitale.

En fonction du résultat de ces investigations, différentes solutions peuvent être proposées : une opération généralement par microchirurgie, une insémination intra-utérine avec le sperme du père… ou d’un donneur, une FIV – fécondation in vitro.

 

 

 

 

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