Le phénomène du gluten, ou la graine allergène

Le débat à propos du blé est loin d’être terminé. Il y a les tenants de la thèse que le blé cause de l’inflammation, qu’il augmente la sécrétion d’insuline (donc fait prendre du poids) et qu’il devrait être éliminé de l’alimentation. Le médecin américain William Davis, auteur du livre « The Wheat Belly » (en français « Pourquoi le blé nuit à votre santé » aux Éditions de l’homme et du blogue qui porte le même nom (http://www.wheatbellyblog.com/) est le chef de file de cette idée.

Ensuite, il y a ceux qui sont du même avis, mais un peu plus modéré, qui affirment que le blé cause de l’inflammation et qu’il est préférable de l’éliminer de votre alimentation si vous avez des symptômes d’inflammation. La chef de file de cette thèse est bien entendu Dr Jacqueline Lagacé, auteure du livre Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation chez Fides.

Finalement, il y a ceux qui affirment que l’intolérance au gluten est très rare, que la maladie céliaque n’atteint que 1% de la population et que le blé demeure un des fondements de notre alimentation. Voir à ce sujet mon billet Pourquoi s’en prendre au régime hypotoxique ? qui a causé toute une polémique lors de sa parution en novembre 2012. Le site de l’institut des céréales saines http://www.healthygrains.ca/fr/ a été créé pour offrir une réponse « indépendante » de l’industrie à cette polémique… À vous de juger.

Le blé et l’inflammation

Une toute récente étude nous apporte une nouvelle compréhension de l’effet pro-inflammatoire du blé. Des chercheurs lui ont découvert un nouveau mécanisme d’action, indépendant de celui du gluten. En effet, le blé contient des inhibiteurs enzymatiques, nommées aussi anti-nutriments, qui entravent l’activité de la trypsine (une enzyme qui digère des protéines) et de l’amylase (qui digère des amidons). Les résidus qui résultent de la mauvaise digestion des protéines et des amidons peuvent causer des ballonnements, des maux de ventre, etc. Mais ce n’est pas tout. En plus de diminuer notre capacité à bien digérer certains aliments, ces inhibiteurs enzymatiques attaquent littéralement la muqueuse intestinale en causant de l’inflammation.(1) Ces anti-nutriments activent un récepteur spécifique de la muqueuse, le récepteur TLR-4 (toll-like receptor 4), (2) qui entraine dans la cellule une cascade d’évènements menant à l’inflammation et occasionnant de nombreuses conséquences physiologiques (troubles digestifs, inflammation systémique, etc.).

Sommes-nous tous sensibles à cet effet ? Je n’ai pas trouvé la réponse à cette question. Par contre, ceci explique pourquoi une partie grandissante de la population, même sans diagnostic de maladie céliaque et sans présence de la prédisposition génétique (HLA-DQ2 ou HLA-DQ8), choisit de délaisser le blé et ne s’en porte que mieux.

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