Arthur honoré à l’Élysée : un discours poignant sur l’antisémitisme qui marque les esprits
Une cérémonie sous haute tension émotionnelle
Le palais de l’Élysée a vibré d’une émotion particulière ce 2 avril 2025. Dans le salon Murat aux dorures étincelantes, Emmanuel et Brigitte Macron ont remis le prix Jean-Pierre Bloch à deux figures médiatiques engagées : Arthur et Sophia Aram. Cette distinction de la LICRA (Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme) n’a jamais semblé aussi actuelle.
« Nous traversons une période où les mots ‘Plus jamais ça’ prennent une résonance particulière », a déclaré le président Macron d’une voix grave. Les chiffres officiels parlent d’eux-mêmes : +284% d’actes antisémites en 2024 selon le ministère de l’Intérieur.
Le parcours militant d’Arthur
Connu du grand public pour ses émissions divertissantes comme « Vendredi tout est permis », Jacques Essebag (de son vrai nom) a pourtant toujours assumé son identité juive. Mais depuis les attaques du 7 octobre 2023, l’animateur de 58 ans a radicalement changé de posture :
- Prise de parole quasi-quotidienne sur les réseaux sociaux
- Tribune dans Le Parisien
- Interviews engagées sur BFM TV et France Inter
- Création d’un fonds d’aide aux victimes
« Ce n’est plus le temps des demi-mesures », nous confiait-il il y a quelques semaines. Un engagement qui explique sa présence aujourd’hui à l’Élysée.
Un discours qui fera date
Visage fermé, voix tremblante par moments, Arthur a livré une allocution de quatre minutes qui a glacé l’assistance :
« Recevoir ce prix me met mal à l’aise. En 2025, on récompense quelqu’un simplement parce qu’il ose dire que l’antisémitisme est inacceptable. Cela devrait être une évidence, pas un acte de courage. »
Père de trois enfants, il a évoqué avec pudeur la peur au quotidien :
« Mes filles ne portent plus l’étoile de David autour du cou. Mon fils a enlevé la kippa pour aller à la fac. Ce sont ces petites lâchetés qui nous rongent. »
Sophia Aram, complice de combat
À ses côtés, Sophia Aram a apporté sa touche d’humour grinçant caractéristique :
« Je suis honorée… et effrayée. Honorée par ce prix, effrayée qu’il soit encore nécessaire. »
L’humoriste a rappelé que 45% des actes racistes en France visent la communauté juive, qui ne représente pourtant que 0,7% de la population.
Les coulisses de la cérémonie
Plusieurs éléments ont marqué cette soirée :
La présence discrète mais attentive de Mareva Galanter, compagne d’Arthur
Un moment de tension quand l’animateur a évoqué « les silences complices du show-business »
L’émotion palpable parmi les anciens résistants présents
« Arthur a donné une voix à l’angoisse de toute une communauté », nous a confié un conseiller présidentiel sous couvert d’anonymat.
Et après ?
En quittant l’Élysée, Arthur a annoncé deux initiatives :
- Un documentaire sur l’antisémitisme en France
- Une tournée dans les écoles avec la LICRA
« Le combat continue », a-t-il lancé aux journalistes, son prix serré contre la poitrine.